Nicolas Kayser Bril : la collaboration entre WikiLeaks et Owni

photoNicolas Kayser Bril, responsable du data journalism chez owni.fr, a expliqué via une vidéoconférence le développement de Wikileaks et la manière dont Owni est devenu un des partenaires du site en publiant ses fuites.

Dans un premier temps, il a évoqué la façon dont s’est construit le site WikiLeaks. Première étape : Julian Assange, hacker australien, parvient à extraire des milliers de documents envoyés à Pékin par des espions chinois. La diffusion d’une bavure de l’armée américaine, montrant un hélicoptère tuant une dizaine de civils à Bagdad et deux journalistes de l’agence Reuters, a permis d’accroître la notoriété du site. Les télégrammes diplomatiques ont ensuite trouvé un écho remarquable dans les médias. Nicolas Kayser Bril évoque néanmoins le manque d’intérêt général suscité par Wikileaks, en dépit du battage médiatique dont le site a fait l’objet. Il explique que, selon un sondage ipsos, à peine 20% des Français de disent intéressés par le site. De plus, il constate que, malgré la profusion d’informations mises à disposition, très peu de journalistes en France s’en sont finalement saisis.

Pour lui, la richesse de WikiLeaks ne réside pas dans le nombre très important de pièces rassemblées mais plutôt dans ce qu’il nomme la « granularité » de ces documents. Celle-ci s’inscrit dans une logique de profondeur de l’information. Au départ, cette logique de fond allait de pair avec une stratégie de maximisation de l’impact des données émises. Par la suite, WikiLeaks a procédé à un changement de stratégie, notamment en ce qui concerne les documents relatifs à la guerre en Afghanistan, en cherchant des partenaires médias dans différents pays (le Monde, Der Spiegel…). C’est ce qui s’est passé avec Owni. L’interface de consultation conçue par le site Owni a convaincu Julian Assange de l’intérêt d’une collaboration. Sa particularité ?  La possibilité pour les internautes de noter les documents publiés par Wikileaks sur une échelle d’intéressement. Se faisant, Owni propose un référencement en fonction de la qualité des articles. Cette démarche de crowdsourcing, pour complémenter l’approche journalistique, a séduit le fondateur de WikiLeaks. Owni a ainsi publié les célèbres warlogs en proposant une contextualisation automatique.

WikiLeaks et le traitement des données qu’il implique posent la question de la sécurité. Nicolas Kayser Bril ne s’en étonne pas, arguant que les documents digitaux se copient facilement depuis déjà longtemps. La nouveauté étant, dans ce cas bien précis, l’ampleur du phénomène, l’échelle étant mondiale. De surcroît, il explique que WikiLeaks ne représente que la partie émergée de l’iceberg. D’autres variantes du site, à l’instar de Wikileaks13, qui révèlent d’autres fuites sur Internet existent. À partir de ce constat, il concède la nécessité d’avoir une réflexion sur l’ouverture des données publiques et celle de repenser les process de sécurité sur Internet.

Mickaël Rinquin

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