Ouvrir les données publiques : pourquoi, comment ?
Tags: applications, crowdsourcing, données publiques, numérique, open data, participatif, Rennes, transparence
Cet atelier a réuni trois intervenants pour évoquer les enjeux de l’open data.
- Xavier Crouan (Directeur de l’information et de l’innovation numérique de la Ville de Rennes) était déjà intervenu lors d’une conférence hier. Focus sur la démarche de Rennes, pionnière en matière d’open data, démarche qui est basée sur des partenariats (avec l’agence InCité Solution, Keolis, etc.). Rennes est devenue un « territoire d’innovations » et la ville souhaite « faire émerger l’intelligence créative », en utilisant l’ouverture des données comme levier. Une dynamique interne a toutefois été soulignée avec la prise en compte de l’open data, à travers l’apparition d’un nouveau mode de management public, « en mode projet » (ex : questions de données publiques intégrées par les services juridiques pour la passation de marchés publics). Un « entrepôt de données publiques » de l’agglomération a été créé en ligne, API accessible aux individus, entreprises et collectifs.
Certaines données sont statiques, alors que d’autres sont actualisées en temps réel (ex. de données gérées par Keolis : vélo Star, réseau de bus et métro, points de vente…).. Il existe aussi des données de systèmes informatiques géolocalisées (ex : plan de ville, espaces verts, accessibilité, stationnements…) et du Guide Vivre à Rennes (qui recense 1 500 organismes géolocalisés, 17 thèmes). Une plate-forme web opensource a été ouverte, afin de stocker les données « froides ».
Le concours « Rennes Métropole en accès libre », doté de 50 000 € et lancé le 1er octobre dernier, paraît être un succès, compte tenu de l’engouement suscité. Le retour sur investissement est certain : qualitatif en impulsant une dynamique sur le territoire mais aussi direct grâce aux gains financiers et temporels pour la collectivité. A sa clôture le 8 février, environ 50 applications et sites web avaient été développés : 17 applications Androïd, 13 applications iPhone, 3 pour Windows Phone 7, 17 sites web et 3 autres supports (code barre, table surface Microsoft). Les résultats seront rendus publics le 30 mars prochain. L’étude des projets permettra d’évaluer l’ergonomie de ces interfaces, et révélera peut-être la nécessité d’associer des designers aux développeurs…
- Claire Gallon (blog LiberTIC) a présenté les critères d’ouverture des données publiques. Celles-ci doivent être accessibles (en ligne), exploitables (format adéquat) et réutilisables (licence), y compris à des fins commerciales. « Pilier du gouvernement ouvert 2.0″, le processus de libération des données s’inscrit dans la politique de transparence des collectivités. La valorisation de ces données peut être techniquement réalisée soit par des investissements en interne, soit par l’apport d’acteurs extérieurs (citoyens, entreprises, collectifs…). Mais quelle est l’ampleur du marché de services sur les données publiques ? En Europe, il est estimé à 27 milliards d’euros ! Les concours d’applications permettent un gain de temps et d’efficacité non négligeable. Washington D.C. est la première ville à avoir tenté l’aventure, qui a été depuis reproduite. Pourtant, la sensibilisation du grand public sur l’open data demeure un enjeu.
- Benjamin Ooghe-Tabanou (collectif Regards Citoyens) a pointé les lacunes de la récupération des données publiques, avec l’exemple du site de l’Assemblée Nationale. Regards Citoyens a lancé Nosdéputés.fr, permettant d’accéder à des fiches sur chaque député, illustrées de représentations graphiques de leurs activités. Mais pour y parvenir, le collectif a été contraint de passer 60 % du temps nécessaire pour réaliser le projet à la collecte des données web… Regards Citoyens utilise également avec succès le crowdsourcing, outil participatif visant à recueillir quantité d’ informations. Mais le mouvement de libération des données publiques est impulsé par les institutions, exemples aux Etats-Unis, en Angleterre ou en France. Quelques conseils pratiques : attention aux différentes licences encadrant les données (Open DataBase, Licence Info Publique, Creative Commons).




TATTEVIN Hélène
14 fév 11 10 h 50 minJe crois que les données d’état civil ne font pas partie de la loi d’ouverture des données publiques. Or en Ille-et-Vilaine, la société « notrefamille.com » a demandé une copie de ces données, pour alimenter leur service de recherches généalogiques.
Qu’en pensez-vous ?